Sam Sandi, le Mike Tyson polonais

J'entends par ci, par là que, les Polonais seraient racistes et xénophobes. De quoi me faire tomber de ma chaise. Car loin de tout fantasme, dans les faits, c'est plutôt le contraire, la Pologne et les Polonais ont toujours une tradition d'accueil de ceux qui ont fait preuve d'amour envers la Pologne. La preuve en est avec Sam Sandi boxeur, lutteur venu du Cameroun et qui deviendra Polonais.
Sam Sandi et sa fille Sam Sandi, le Mike Tyson polonais
Sam Sandi et sa fille
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Voici l'histoire du Mike Tyson polonais, qui c'est battu pour l'indépendance de la Pologne. 

Sam Sandi est né en 1885 au Cameroun. De son enfance au Cameroun, on sait peu de choses.

On retrouve sa trace lors de la Première Guerre mondiale où il se bat pour l'armée française. Au cours du conflit, il est fait prisonnier et est interné dans un camp près de Poznań (ville berceau de la Pologne) alors sous domination allemande. 

Lui et d'autres prisonniers sont libérés par des nationalistes Polonais. Ce sera l'acte fondateur de son amour et d'engagement pour la Pologne. 

Tout juste libre, il rejoint les bataillons des insurgés de Grande Pologne et se bat pour le retour de Poznań et sa région dans la nation polonaise. A la fin, des combats en 1919 Poznań et sa région sont à nouveau Polonaises. 

Après la fin du soulèvement, il quitta l'armée et en 1920, il déménagea à Varsovie, où il commença à travailler comme chauffeur de taxi.

 Au début des années 1920, il commence à travailler dans le cirque Staniewski comme l'un des boxeurs lutteurs, ce qui lui octroie une grande notoriété. 

"Venez voir Sandi, c'est le plus fort !"

"Victoire de Sandi par KO !" titré la presse polonaise.

Dans la seconde moitié des années 1920, il était très populaire, il faisait partie du gratin de Pologne, invité lors de galas mondains, de premières de cinéma. Il suivait les opéras les concerts et les pièces de théâtre en loge privée. 

Cette notoriété lui fera gagner beaucoup d'argent, une petite fortune. 

En 1930, il se convertit au catholicisme et adopte le prénom de Józef et épouse Łucja Woźniak avec qui il aura deux filles. Le père de Łucja la déshérite, car une noble ne se marie pas avec un saltimbanque. Ils s'installent à Gniewkowo près de Toruń. 

Suite à son mariage Sandi soucieux d'être présent pour ses filles, il arrête les tournées avec le cirque Staniewski. Tout en continuant de boxer lors de tournois locaux qui lui rapportent de bons cachets. Lorsqu'il ne boxe pas ou ne lutte pas, il continue son activité de chauffeur. 

 En 1935, le journal Kurier Poznański publie un article fantasque qui suscitera la controverse au sujet des origines de Sandi.

 Que dit l'article ?

«Sam Sandi, a travaillé il y a des années dans une écurie de cheveux de courses en Russie. Pendant la guerre polono-bolchevique, il s'est échappé avec des chevaux à travers la Roumanie et est arrivé en Pologne. Bien qu'il fût citoyen anglais, il rejoignit l'armée polonaise en tant que volontaire et combattit au front lors de l'invasion bolchevique en tant que soldat exemplaire. Il a pris la nationalité polonaise. "

Certe Sandi, était militaire et prit la nationalité polonaise. Mais, il n'a jamais pu être employé dans une écurie en Russie, car il était sur le front et du côté Français dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale et prisonniers de guerre dans un camp près de Poznań. 

1935, c'est l'année où Sandi et Łucja reviennent à Poznań. 

Et c'est en pleine rue le 29 avril 1937 que, le boxeur est mis KO en un round par une rupture d'anévrisme qui, lui causera une hémorragie cérébrale. Sam Sandi ne s'en relèvera pas. 

Il repose aujourd'hui au cimetière Górczyński de Poznań ou en 2018 une plaque commémorative a été inaugurée. 

Il y a quelques années, une initiative des habitants de Poznań a sauvé la sépulture de Sam Sandi menacée de destruction, car la concession arrivée à terme. 

Depuis 2018, l'armée polonaise lui rend hommage chaque année par un dépôt de gerbe et un moment de recueillement devant sa tombe.

C'était l'histoire de Sam Sandi le premier sportif noir de Pologne. 

Un homme, qui a mis sa vie en jeu pour son pays d'adoption.

Un gaillard fort et fier d'être devenu Polonais. 

Un père aimant.

Un homme qui met, Lilian Thuram au tapis. 

Sam Sandi, le Mike Tyson polonais. 

 

Florian Marek

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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