IVG: le mouvement pro-vie progresse aux USA

Nous avions évoqué il y a quelques semaines dans un précédent article le possible « effet papillon » de la restriction des lois sur l’IVG aux USA. L’effet papillon signifie qu’un fait en apparence insignifiant à l’échelle d’un pays, peut en réalité, par effet domino, se révéler extrêmement puissant dans ses conséquences. C’est le ce cas pour l’IVG actuellement aux USA mais personne n’en parle.
 IVG:  le mouvement pro-vie progresse aux USA

Une bataille a été engagée depuis quelques mois par une série d’Etats conservateurs, pour diminuer voire pratiquement interdire le recours à l’IVG en fonction des cas.  Le plus souvent, cependant, ces restrictions ont fait, ou font l’objet de recours devant la Justice, et les tribunaux tranchent en faveur des plaignants, c’est-à-dire en l’occurrence, les lobbies pro-IVG.

Mais l’espoir est aujourd’hui rendu possible par la nomination, par Donald Trump, de trois magistrats conservateurs provie, à la Cour Suprême, la plus haute Instance chargée d’examiner les recours possibles et d’infléchir les lois en la matière.

Pourquoi la situation est-elle en train de basculer ?

Rappelons les faits : une loi entérinant l’interdiction de l’avortement à partir de 15 semaines de grossesse a fait l’objet d’une bataille juridique en 2018 dans le Mississipi. Elle a été bloquée puis déboutée par des recours auprès des tribunaux, en première instance puis en appel, par le Center for Reproductive Rights.

Cependant, l’Etat du Mississipi a décidé de porter un recours auprès de la Cour Suprême.

Jusqu’à présent, la Cour Suprême se basait sur le texte de 1973 reconnaissant un droit constitutionnel à l’avortement dans l’arrêt emblématique intitulé «Roe v. Wade». Ce texte prévoit la possibilité d’avorter tant que le fœtus n’est pas viable, c’est-à-dire à environ 22 semaines de grossesse.

Cependant, les juges à la Cour Suprême, ont accepté de se pencher sur une question juridique clé : ils se demandent en effet si une interdiction d’avorter en deçà du seuil de viabilité pourrait être inconstitutionnelle. Cette hypothèse soulève de grands espoirs chez les défenseurs de la vie, parce qu’effectivement, si l’on fait sauter le critère du seuil de viabilité (dont on rappelle qu’il est de plus en plus précoce au fil des progrès de la médecine), il parait donc possible de réviser entièrement le socle de l’arrêt « Roe v. Wade ».

«  C’est une occasion historique pour la Cour Suprême de reconnaître le droit des Etats à protéger ls enfants non nés des avortements douloureux et tardifs », a expliqué la présidente du groupe Susan B. Anthony List. Ce à quoi le camp adverse, par la voix de la Présidente du Planned Parenthood, ulcéré de voir son idéologie perdre progressivement du terrain et de l’influence, a déclaré : «  des politiques anti-avortement ont abusé de leurs pouvoirs pour donner l’opportunité à une Cour Suprême compromise de nous enlever le droit à avorter » .

La Cour Suprême des Etats Unis va donc se pencher sur la loi retoquée dans le Mississipi, qui vise à interdire l’IVG à partir de 15 semaines. Elle pourrait valider ces restrictions, ce qui créerait un précédent et permettre à terme à d’autres Etats de faire valider leur propre législation en créant les conditions d’une restriction, voire d’une interdiction de l’accès à l’IVG. Sa décision est attendue en 2022.

Les médias français à majorité progressiste, commencent à s’inquiéter de l’évolution qui se dessine aux USA : c’est bon signe, cela montre que peut-être qu’un jour, en France, on osera enfin remettre sur la table la loi Veil et le système profondément inhumain et eugénique qu’elle cautionne.

Sabine Faivre, Psychologue et Auteur de « la vérité sur l’avortement aujourd’hui », Ed Téqui, 2006.


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