Trafic de stupéfiants: mondialisation à la française chez les dealers

On me demande un article sur le trafic de stupéfiants, un seul article alors que je pourrais en faire un livre. Oui je pourrais ainsi vous raconter des dizaines d’histoires rocambolesques, surprenantes, dangereusement émoustillantes qui feraient la base de n’importe quelle série policière. Une thématique qui permet de s’élever professionnellement tant elle demande une réelle adaptation, de la rapidité dans l’analyse, la stratégie et l’exécution au sein d’enquêtes passionnantes et instructives.
 Trafic de stupéfiants: mondialisation à la française chez les dealers

Car après 35 années dans la Police d’investigations, j’ai dû consacrer près de 20 ans à lutter officiellement contre ce fléau au sein de brigades ou services dévolus, mais également et obligatoirement au hasard du traitement de faits importants autres, étant inexorablement amenés à nous plonger dans les conséquences ou les causes annexes, inhérentes à cette gangrène. 

Mais non, dépassons le sujet et venons en sur le terrain politique et sociétal.

Car oui bien sûr, directement, cette catégorie de délinquance est un vaste résumé des travers de notre société victime des incuries politiques de nos gouvernements par l’ensemble des problématiques qu’elle engendre, comprend et inocule au sein des quartiers. Mais il y a tout le reste qui n’est pas négligeable, comme les règlements de compte, les assassinats, les violences, les chantages liés au trafic ne sont que les plus visibles. Sur le plan judiciaire pur, c’est une monstruosité, c’est une évidence. Mais comment ne pas tenir compte dorénavant des effets secondaires, pour la métaphore vaccinale, particulièrement marquants qui ont profondément transformé la vie de multiples zones urbaines en "territoires perdus de la République". Le laisser faire autrement dit le laxisme politique ou idéologique aura eu des conséquences dont le commerce de drogues en est un parfait résumé. 

Il est inutile de revenir sur la nocivité de la résine de cannabis et encore moins sur les autres substances plus ou moins naturelles, chimiques ou de synthèse dites drogues dures. Car là n’est pas le sujet et puis il n’y a pas débat. Je rappelle que les usagers de cannabis ne deviennent pas tous des toxicomanes en puissance aux drogues dures, l’étage au dessus. Mais tous les pensionnaires de cet étage supérieur ont tous ou quasiment, commencé par le cannabis. Hors la résine de cannabis est de plus en plus diluée à d’autres produits totalement et entièrement toxiques : acides, produits chimiques et autres adjuvants… ce qui démontre bien le besoin d’augmentation des effets après l’accoutumance aux précédents pour nombre d’usagers.

Il en est de même avec l’immigration, laquelle ne verse pas toute dans la délinquance, assurément. Mais une grande partie de la délinquance est issue de l’immigration. Mêmes projections, même défi. 

Comme un parallèle, on se perd en conjectures au lieu de traiter le problème dans sa totalité. On analyse l’écume pour ne pas avoir à plonger dans la vague. On disperse, on ventile pour mieux diluer, détourner et édulcorer. On gagne du temps. On entraîne le débat sur des chemins boueux où la ou les solutions ne sont qu’enlisement et aveuglement. On poursuit la démission, on baisse la garde puis les bras, on renonce ou on fait semblant.

Pourtant le trafic de stupéfiants en France est essentiellement le produit et l’une des nombreuses conséquences d’une folle immigration. Personne ne prétend qu’il disparaîtrait sans cela mais il serait bien moindre sans l’afflux constant de populations africaines et maghrébines, revenant ainsi au rôle anodin de telle ou telle autre catégorie d’infractions. 

Si on veut le circonscrire, il convient de travailler sur l’immigration comme le voudrait toute logique, lucidité et pragmatisme. Stopper au maximum les arrivées, trier les candidats en fonction des besoins du pays, des nationalités et autres critères, expulser massivement les délinquants et les adeptes de comportements non républicains, déchoir de la nationalité française, durcir les naturalisations. Ainsi nous valoriserons les parcours citoyens des étrangers vertueux et responsabiliserons les délinquants. Les autres avantages indirects étant d’assainir les banlieues, vider les prisons, un retour aux valeurs, la fin du déni et surtout l’exemplarité comme notion première. Pas mal comme programme. 

Par expérience et vécu, je peux vous certifier que si les peines de prison longue durée,  de moins en moins prononcées, font encore un peu peur aux malfrats, la déchéance civique, le retour au bled et les confiscations financières sont bien plus redoutés. Ce changement est inévitable sous peine de courir derrière de fausses chimères, enfin courir, faire semblant, je vous le répète. Faire semblant, le dorénavant et long faux semblant qu’on nous afflige depuis trop longtemps et dans de nombreux cas est la donnée incontournable des politiques publiques. Il faut s’y faire ou s’y résoudre en attendant des jours meilleurs.

La loi Warsmann de 2010 qui facilite la saisie des valeurs des voyous a permis de lutter et de maintenir le petit niveau de réponse de l’état face à ce problème. Bien qu’il concerne tout phénomène de délinquance, il s’applique particulièrement aux vendeurs de came dont les patrimoines ont explosé à la mesure des gains considérables et rapides obtenus par le trafic. 

Pourquoi cette loi a-t-elle été si facilement obtenue ? Tout simplement pour des raisons financières évidentes. Pas seulement pour lutter contre les enrichissements illicites dénoncés plus haut qui est son but premier mais également et surtout pour éviter à l’état d’avoir à puiser dans les comptes publics. En effet, étant approvisionné par l’argent issu du trafic, l’Agence de Recouvrement des Avoirs et Saisies Criminels (AGRASC)  résultat de cette loi s’auto finance grâce au placement de l’argent ainsi récolté permettant de rétribuer les fonctionnaires, faire fonctionner la structure et distribuer aux services ou autres organismes en lutte contre ce phénomène de quelques subventions ou versements bénéfiques et utiles. 

Malheureusement c’est bien le seul domaine où l’état a pris la mesure du fléau par une décision intelligente, peu coûteuse et pragmatique. Car sans une politique pénale agissant sur les places de prison, la régulation stricte de l’immigration comprenant évidemment les expulsions et une réforme des dispositions d’acquisition de la nationalité française, on tourne en rond. On fait donc semblant, ce qu’on fait dorénavant de mieux. Car d’autres forces idéologiques sont à l’œuvre. 

De manière générale, à l’image du terrorisme et de la délinquance sous toutes ses formes, c’est un changement radical de politique qui s’impose. Mais nous préférons les joutes oratoires politiques, les discussions sans fin, les fausses décisions noyées dans des opérations de communication. Pendant ce temps, les victimes, les blessés et les morts s’accumulent. Qui s’en soucie ? 

Laurent CASSIAU-HAURIE est un Commandant De Police à la retraite.

Il est l’auteur de trois livres.

- La Police M’a Tué 

- Flic et Gilet Jaune 

- J’ACCUSE 


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