Big Bang européen : les patriotes s’allient contre les progressistes

Grace à une entente franco-polonaise, Le Pen, Orban, Salvini, Kaczynski et 12 autres leaders européens s’unissent pour empêcher le naufrage de l’Union des pères fondateurs de l’Europe.
 Big Bang européen : les patriotes s’allient contre les progressistes

L’événement passe un peu inaperçu dans la presse française, mais c’est un véritable Big Bang politique qui pourrait changer le visage de l’Europe qui est en train de se passer. Les principaux partis conservateurs chrétiens (au sens original du terme) et identitaires en Europe (à l’exception des Allemands) ont publié une déclaration commune, prémice d’une alliance au Parlement européen qui en ferait la 2ème force politique derrière le PPE (centre et droite progressistes).

16 chefs de partis, dont Marine Le Pen, Jaroslaw Kaczynski (président du parti polonais au pouvoir : PiS), Matteo Salvini (Lega), le premier ministre et patron du Fidesz hongrois Viktor Orban ont publié une déclaration commune sur « l’avenir sur l’Europe » très intéressante. Ces partis appellent à une réforme profonde de l’UE afin qu’elle cesse son activité croissante de « transformation civilisationnelle » et de création « de nouvelles formes de vie sociale ». Ils dénoncent le fait que « La suractivité moralisatrice à laquelle nous avons assisté ces dernières années dans les institutions de l'UE a entraîné une tendance dangereuse à imposer un monopole idéologique (..) et de transformer l'Union en une forme particulière d'oligarchie. ». Ces 16 partis, qui ont pour point commun d’être tous patriotes, préconisent la restauration de la pluralité du débat démocratique, le respect, et non la destruction, des traditions et culture des nations européennes. Ils exigent que la famille reste, comme depuis toujours, l’unité de base des nations européennes et que les institutions de l’UE cessent d’outrepasser leurs compétences en déniant la souveraineté de chacun des peuples européens.

Pour le président du PiS (parti au pouvoir en Pologne), Jaroslaw Kaczynski, c’est la tenue de la « Conférence sur l’avenir de l’Europe » organisée par la Commission européenne qui est à l’origine de cette déclaration. Selon J. Kaczynski cette conférence a « des objectifs peu clairs, une structure peu claire. On peut supposer qu'il s'agit d'approfondir des processus qui ne conduisent pas au développement de l'UE, mais conduisent à une crise profonde et à des phénomènes qui n'ont rien à voir avec la vision des pères fondateurs de l'UE (..) à mener une révolution culturelle qui consiste à détruire les structures sociales existantes, à commencer par la famille et les traditions. Une révolution culturelle pour créer un homme nouveau. C’est un type d’ingénierie sociale qui est déjà arrivé dans l’histoire et qui était généralement lié à des révolutions. Nous ne voulons pas de cette révolution. Nous la considérons comme une entreprise qui, comme tous les plans de ce type dans l'histoire du monde, n'apportera que beaucoup de malheur, et surtout une restriction radicale de la liberté. »

Cette « Conférence sur l’avenir de l’Europe » est selon la Commission européenne « une série de débats et de discussions menés par des citoyens, qui permettront à chacun, dans toute l’Europe, de partager ses idées et de contribuer à façonner notre avenir commun ». Cette idée de conférence vient du président Macron. Et comme pour la convention citoyenne pour le climat ou le grand débat national en France, le but est de légitimer sous des apparences de démocratie directe des décisions des élites technocratiques et progressistes d’ampleur, notamment sur l’immigration, les structures de nos sociétés et l’organisation de nos démocraties. Comme en France les thèmes sont déjà définis, les intervenants et solutions proposées seront tous progressistes, iront tous dans le même sens. Le « panel » des citoyens sera aussi bien contrôlé par les organisateurs qu’en France. C’est une remise au goût du jour du soviet suprême, assemblée d’apparence démocratique, mais dont les représentants étaient tous sélectionnés par le parti. Le premier objectif de cette alliance des patriotes d’Europe sera de peser sur les discussions et à défaut de dénoncer cette mascarade démocratique.

ll y a encore à peine 6 mois aucun commentateur connaissant la scène politique européenne n’aurait parié sur une telle alliance, tant un rapprochement entre les deux principaux partis patriotes d’Europe, le RN (France) et le PiS (Pologne) paraissait impossible. Car malgré ce que peuvent dire les médias français, le PiS est un parti conservateur chrétien, dont la pensée politique est gaullienne et la politique économique pompidolienne. C’est un pur parti chrétien démocrate, qui est considéré en Pologne, par les gens de droite, comme de centre droit. Il y a encore à peine 5 ans le PiS ne souhaitait même pas parler au RN. D’abord parce qu’il le voyait sous le prisme de la presse mainstream et ensuite parce qu’il suivait les préconisations de ce qu’il considérait alors être ses homologues de droite de l’Ouest. Mais la dégradation de la situation européenne où le progressisme devient de plus en plus totalitaire et l’Allemagne de plus en plus hégémonique a obligé Pologne et Hongrie à reconsidérer leur position. Ces deux pays ont acté que désormais à l’Ouest la droite et les partis conservateurs chrétiens n’en n’ont que le nom et qu’ils sont avant tout des partis progressistes dont les actions, au final, ont toujours pour résultat de ne jamais aller à l’encontre des intérêts allemands, même quand les intérêts de leur propre pays sont en jeux.  

A plusieurs reprises les Polonais du PiS ont vainement tendu la main au principal groupe européen du Parlement européen : le PPE (groupe des partis politiques européens de centre droit, dont fait partie le parti français : Les Républicains). A chaque fois le PPE a préféré s’allier aux Verts, socialistes et le groupe d’En Marche, plutôt qu’au groupe des Conservateurs européens dont fait partie le PiS au parlement européen. Et ce quel que soit le thème :immigration, théories du genre, famille etc.., le PPE préfère toujours s’allier avec les progressistes et la gauche qu’avec les conservateurs chrétiens et les identitaires. L’intensification des attaques concertées de Merkel-Macron, la Commission européenne et le Parlement européen pour imposer à la Pologne et la Hongrie les migrants, l’institutionnalisation des théories du genre et la chosification de l’enfant, a convaincu ces deux pays que les progressistes qu’ils soient de droite ou de gauche ne pouvaient entendre raison et qu’ils menaient l’UE à sa perte. Que face à un ennemi mortel la question n’était plus de savoir pourquoi s’allier à un tel, mais pourquoi ne peut s’allier avec lui. Que l’ennemi de mon ennemi est mon ami.

De son coté le RN depuis longtemps essaye de briser son isolement politique et de déjouer le procès en incompétence intenté par les médias en s’alliant avec des partis européens de droite au pouvoir, tels que le PiS. Cette alliance démontre à la fois une certaine capacité du RN à gouverner, mais aussi l’incongruité du refus de la droite « républicaine » française à s’allier avec lui. C’est un vrai succès « diplomatique » du parti de Marine Le Pen que d’avoir réussi à mettre en place les conditions d’une alliance aussi large des patriotes comprenant à la fois des identitaires et des partis conservateurs chrétiens au pouvoir. Pour ce faire le RN a longuement négocié avec le parti qui était à la fois le plus réticent a une alliance avec lui et aussi le plus puissant : le PiS. On peut d’ailleurs remarquer que la déclaration commune est très inspirée des positions du PiS. Cet accord entre patriotes européens n’a été rendu possible que par cette entente franco-polonaise. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que cette alliance ne comprend, pour l’instant, aucun parti allemand. Cette entente suit une longue tradition diplomatique d’alliance entre nos deux pays : d’abord, au XVème siècle, pour contrer l’ordre Teutonique, puis l’hégémonie des Hasbourg, puis de la Prusse, et depuis son avènement à la fin du XIXème siècle : l’Allemagne. Allemagne qui aujourd’hui a transformé l’UE en outil de pérennisation de sa domination économique.


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