Bilan des régionales pour la patriosphère

Si on interroge les français en ce mardi matin et qu'on leur demande quelle a été l'actualité de ce premier week-end post-électoral, une quasi majorité vous répondra qu'ils n'ont rien retenu car le soleil était au rendez-vous.
 Bilan des régionales pour la patriosphère

Pourtant, dans la patriosphère, c'est l'effervescence avec deux congrès, celui du Rassemblement National à Perpignan (66), et celui de Debout la France, à Yerres (91) dernier tour de piste avant l'été pour ces deux partis pour compter leurs troupes après les batailles des régionales et départementales qui n'auront pas été couronnées de succès. 

Il aura fallu attendre la fin de ce week-end pour se faire une vision globale des conséquences des derniers scrutins. Le Rassemblement national paye son manque d'implantation locale. Par ailleurs le supplice de la composition des listes a été douloureux pour laisser place à des "outsiders" amis et alliés. La composition d'une liste est sans doute ce qu'il y a de plus difficile dans une campagne pour les régionales. Enfin, sans doute la nationalisation des enjeux lors de ces dernières élections pourtant locales a fini d'achever les ambitions de gouvernance d'une ou plusieurs régions. 

On ne peut changer que ce que l'on maîtrise, les circonstances externes, l'abstention. L'actualité et la météo n'en font pas partie. De façon factuelle, la stratégie n'a pas été concluante au vu de la perte de 30% de conseillers régionaux. 

De son côté, le parti de Nicolas Dupont Aignan ressort des régionales avec comme bilan 4 listes "autonomes" qui n'ont pas dépassé les 3% ainsi qu’une alliance en Bourgogne-Franche-Comté perdante au second tour en triangulaire face au PS et au RN intégrant l'un des vice-présidents des Républicains, Gilles Platret. 

Pour le coup la stratégie a été payante au vu de l'ambition plus que mesurée portée lors de ces scrutins à savoir limiter la casse, rassurer le réseau, être le plus visible possible et maintenir l'engouement des cadres ainsi que militants en vue de la présidentielle. Elle est pour NDA la mère des élections et il ne peut y avoir de possibilités de croissance de ce parti car il a vocation à être une écurie présidentielle.  Malgré les réussites éparses et les gens de valeurs dans ce mouvement, l'implantation locale est et restera marginale. C'est ainsi... Le prisme de la présidentielle écrase la focus. 

Et puis, il y a eu un troisième congrès ce week-end, comme chaque jour d'ailleurs, de ceux qui ne se retrouvent plus dans les partis politiques. Bien-sûr, leur existence n'est pas formalisée pour présenter des candidats aux élections mais c'est leur nombre et leur masse qui font élire ou non ceux qui se présentent aux élections. 

Ils ne sont pas aller voter. 66% d'abstention qui ont mécaniquement bénéficiés aux sortants. La France est en pointe dans le recyclage, pas de doutes. Une analyse de l'abstention a montré qu'il était composé de trois tiers représentant chacun 20% du corps électoral tout de même ! 

Un premier tiers que l'on ne mobilisera que marginalement pour l'élection présidentielle. Ce sont les indécrottables du système démocratique, ils s'en moquent,  consciemment ou non. 

Un second tiers qui d'habitude se déplace mais qui a boudé les urnes en estimant que ceux qui se présentent n'ont pas d'impact sur leur quotidien. L'enjeu ne les intéresse pas. 

Enfin, ceux qui ne se retrouvent dans aucune offre politique. A gauche comme à droite d'ailleurs, le péril est devenu contagieux. Il a gangréné d'abord la gauche qui a renié son peuple à partir de 2000 avec ses poussées de fièvre "Terranova".  Un Georges Marchais dogmatique mais lucide, savait que la maîtrise migratoire, par exemple, était indispensable, sans se faire passer pour un "fasciste", un "extrémiste". Et oui la gauche a pourri sur pied, à force de ne regarder que vers une mondialisation béate teintée de " tolérance" à toutes sauces. Elle en est venue 20 plus tard à marginaliser et attiser la haine envers ceux qui sont encore amoureux de la France, qui se sentent détenteurs de notre histoire millénaire, de nos symboles, de notre drapeau et souhaitent la préserver. 

Ce péril est devenu contagieux car une partie de la droite en est également atteinte. La populophobie fait rage. Où est le discours de l'appel de Cochin, des paroles du Général de Gaulle ou, sans aller si loin, ceux de Philippe Seguin? Qu'avez-vous donc fait de cette maison qui semblait si solide ? Vous avez déconnecté votre existence de l'avis rendu par le peuple lors du référendum de 2005. Vous avez trahi le peuple. 

Seul l'enracinement local de centaines de personnalités fait subsister cette vitrine officielle de la "droite républicaine". Macron a su profiter de la déconnexion de certains pour y installer ses logiciels tout en en profitant pour débaucher d'autres. C’est donc un bilan en trompe l'œil. La prime au sortant a sauvé la mise mais les cafouillages avec LREM, par-ci par-là, sont apparus au grand jour. Comment peut-on prôner d'être au contact des français puis de bidouiller en cuisine avec Macron ? 

Alors oui, entre stratégies plus ou moins heureuses, ce scrutin vient de générer des postures politiques en vue de la présidentielle alors que seul un électeur sur trois s'est déplacé. Comme si on donnait une appréciation d'un repas à la seule couleur de l'assiette. Près de dix millions de français attendent une nouvelle offre politique et plus personne ne leur parle, trop occupé à tomber dans la facilité et se partager le tiers d'électeurs restant, les miettes de démocratie . 

C'est tout simplement une bombe en devenir. Combien de temps pensez-vous que le système va tenir en laissant des exécutifs légitimement exercer le pouvoir tout en ne pesant pas plus de 10% des inscrits? En laissant des millions de Français au bord de notre démocratie. Combien de temps, croyez-vous, que ceux qui veulent imposer leur fondamentalisme mettront à venir remplacer une classe politique hors sol et qui perd de son crédit et de sa côte de confiance? Les français préfèrent même leur banquier aux élus, quel succès. 

Le peuple veut une chose simple. Que les gouvernants disent ce qu'ils vont faire en le consultant ponctuellement et d'agir pour quoi ils sont élus. 

Il faut, pour cela, un discours sincère. Dire la vérité sur notre monde qui nous entoure, de ses dangers, de ses risques et de ses opportunités aussi. 

Proposer le rétablissement de l'ordre et de l'autorité de l'Etat afin de combattre efficacement tous les fléaux qui menacent non seulement notre démocratie, mais notre culture, notre quotidien, notre civilisation. 

Ne rien cacher sur ce que fait peser à notre pays dans les années qui viennent le déni ou la soumission aux fondamentalistes islamistes. Dans notre pays, les femmes ne marchent pas derrière leur mari. 

Dire la vérité sur l'état de notre dette, redéfinir le service public, renforcer les missions régaliennes. Préparer notre pays à être de nouveau un fer de lance industriel, à préserver notre indépendance énergétique et alimentaire ainsi que militaire. Être patriote ce n'est pas détester l'autre c'est s'aimer soi-même avant tout. 

Les français attendent de l'homme politique qu'il rende son peuple fier d'être français et de son héritage. Ils attendent de pouvoir vivre dignement. Plus ou moins simplement mais dignement. D'avoir la liberté de créer, de réussir et de se planter pour mieux rebondir. La perte des valeurs, la déliquescence de notre "commun" a fini par tuer la croyance que beaucoup de français avaient envers les politiques et leur pays . "C'est normal, ils ne gèrent plus rien eux-même" vous diront ils. 

Pour cela, il devra pour gagner la confiance des français, pas faire semblant de parler comme eux mais de penser aussi comme eux. Comment ? En les consultant. Pas besoin d'inventer de nouvelles usines à gaz administratives, la constitution prévoit déjà la chose référendaire . Par ailleurs le RIC devra trouver sa place dans un véritable "plan de relance démocratique " le chef doit guider, mais pas contre son peuple ou la volonté de celui-ci. 

À toutes ces aspirations, aucun candidat ne coche toutes les cases. Entre ceux qui ont vendu leur âme à la sainte "Union Européenne", ceux qui n'aiment pas la France et veulent la voir remplacer et ceux qui édulcorent leur discours pour éviter de froisser le tiers d'électeurs qui se déplacent..

Il va être temps de renverser la table. Sur les méthodes, le discours. Les femmes et hommes de bonne volonté qui ont compris sauront se retrouver et se fédérer. A moins qu'ils ne se comptent déjà, dans ou hors des partis. Bref agir dans l'intérêt des français et de la préservation de leur mode de vie. Préparez-vous on va tout revoir, de A à Z. 

Benjamin CAUCHY, conseiller en communication & chroniqueur ( Cnews, GGRMC, SudRadio, Tysol)


Actualités