Coronavirus : quel cinéma ! Hommage à Jean-Paul Belmondo

Avec les copains du dimanche, nous avions décidé de faire fi de la répression sanitaire : nous organisâmes une belle soirée entre amis. Malgré le confinement, ils étaient tous venus à pied, à cheval et en voiture.
 Coronavirus : quel cinéma ! Hommage à Jean-Paul Belmondo

Malgré le confinement, ils étaient tous venus à pied, à cheval et en voiture. Pour ma sœur, en quête d’aventure sentimentale, un seul mot d’ordre prévalait devant mes amis : « sois belle et tais-toi » ! Bien que les tricheurs du Gouvernement aient essayé de nous en dissuader, ce fut un drôle de dimanche dans ce Nord si cher à nos cœurs : cherchant à nous dénoncer, nous dûmes cependant enfermer Mademoiselle Ange, notre voisine, à double tour ! Après avoir grimpé les étages en courant, son frère la délivra, à bout de souffle à cause du masque ! Il compris bien que chez nous, ce soir, c’était un peu une classe tous risques !

Au piano, Lino le Romain, l’artiste, entonna moderato cantabile un air de son pays, bientôt accompagné par ma sœur envoutée. Chacun son registre : l’Italien et la musique, la Française et l'amour. Bref, ce dimanche les distractions n’ont pas manqué ! Alors que certains regardaient déjà « La ciociara » sur grand écran, Emma, la novice de notre groupe s’étant engagée dans le mauvais chemin arriva avec 1 heure de retard ! Nous avions même invité Léon Morin, prêtre de la paroisse voisine. Devant nos chicaneries, il ne manqua pas de nous rappeler qu’une femme est une femme et doit être respectée ! Michel, le littéraire de la bande, célébrait les amours célèbres à un auditoire conquis pendant que les amateurs de ragots commentaient un scandale sur la Riviera relaté dans la presse people…. Tout était bien sympathique mais un nommé La Rocca, habitant sur notre pallier, risquant de jouer « le doulos », la balance, auprès de la police sanitaire, nous avons acheté son silence contre une cartouche de cigarettes.

Couvert de neige dans son manteau de fourrure, Henri ressemblait à un singe en hiver trainant ses grands bras velus ! Pour lui aussi ce fut le jour le plus court de l’année, celui qui nous permit une si longue et agréable nuit ! « Jouer du piano, ce n’est tout de même pas la mer à boire », s’exclama Lino pour faire diversion, avant de glisser une peau de banane sous mes pieds alors que je me rendais à la cuisine. Après ma chute, ma vengeance fut terrible : je lui assaisonnai des dragées au poivre dont il se souviendra longtemps !

L’humour potache était de mise : Pierrot, l'aîné des Ferchaux ne fut pas en reste ! Alors que, dehors, le froid s’intensifiait, il fit monter la température de la soirée en nous entrainant à jouer les Don Juan de la Côte d'Azur pendant qu’il se prenait pour l'Homme de Rio cherchant désespérément cent mille dollars au soleil ! Pierrot dormit chez nous : dans la ville confinée, pas question pour lui de rouler en échappement libre avec sa vieille guimbarde : la police aurait certainement lancer la chasse à l'homme. Enfin ! Qui aurait pu imaginer un tel week-end à Zuydcoote ?

Quelques mois plus tard, par un beau matin d'été , Pierrot, le fou de notre soirée hivernale, revint pour me parler de son ami Tchang, chercheur à Wuhan, qui vécut les tribulations d'un Chinois en Chine. Depuis le printemps, ma sœur, elle, roucoulait avec Paris, un tendre voyou rencontré lors d’une manif anti pass-sanitaire. « Selon toi, Paris brule-t-il d’amour pour moi, me demanda-t-elle ? Va-t-il refuser être plus raisonnable avec son argent, comme je le lui ai demandé ? » « Rien n’est moins sûr » lui répondis-je amèrement. « Hier, il a encore subi une perte au casino. Royale, la perte, d’ailleurs ». Elle dut se résoudre à s’éloigner de son fiancé, le voleur accroc aux jeux, incapable de surmonter le démoniaque travers qui l’habite. Ho ! quelle déception pour ma chère sœur !

Alors que les médias continuaient à nous laver le cerveau, une jeune américaine fit son apparition dans notre bande. La Sirène du Mississipi exprimait ouvertement ses sentiments envers Henri, le dandy : « c’est  un homme qui me plaît ! » Avec son Borsalino sur la tête, il eut tôt fait de la séduire : nous n’avions plus qu’à célébrer les mariés de l'an II du covid ! Pour préparer la noce, leurs finances étaient trop limitées. Mon ami Henri, infirmier ayant refusé la vaccination, avait été licencié ; il n’avait plus un sou. Il cherchait un moyen pour trouver de l’argent : le casse ? Nul doute qu’ils trouveraient beaucoup chez le Docteur Popaul, star covidiste des plateaux TV, grassement soudoyé par les laboratoires. Avec sa fiancée, ils avaient donc tout préparé mais la scoumoune s’abattit sur eux : leur « cible » décéda d’un AVC après sa deuxième injection ! Alors, ils se tournèrent vers Alexandre, l'héritier, le seul fils du médecin trépassé. Le magnifique pavillon qu’il habitait, près de Chamonix, aurait autrefois servi de refuge à Stavisky... Au final, nul ne sut s’ils avaient réussi ce cambriolage mais on le les revit plus.

Dans tout le Pays, nos gouvernants entretenaient la peur sur la ville : masques en extérieurs, contrôles sanitaires en terrasse, vaccination des enfants… L'incorrigible Ministre de la Santé, et son homologue de l’Intérieur, l'alpagueur fou des « pro-libertés »,  continuaient à sévir. Ils ne respectaient rien ni personne. Pas même le corps de mon « ennemi », ce commissaire qui avait pourtant courageusement vendu sa peau en venant interpeller un groupe de « complotistes » malheureusement infiltré par des black blocs incontrôlables. Le Ministre de l’Intérieur eut bien peu d’égard envers ce loyal serviteur de l’Etat en exhibant sa dépouille aux photographes, comme celle de l'animal que l’on vient d’abattre. Dans la police, beaucoup étaient choqué. Fallait-il mieux être flic ou voyou ? En tout cas, il n’était plus question de faire le guignolo. Quant au Ministre de la justice, le professionnel de la remise de peine, l'as des as du laxisme, il fit renforcer les lois contre les fonctionnaires « dissidents » : soignants, force de l’ordre, enseignants,…

Malgré son indiscutable compétence, personne n’écoutait Simon Cinéma, le marginal virologue qui tentait vainement de faire raison garder à nos dirigeants contre les morfalous « sachants » qui engraissaient à coups de millions grâce à Big Pharma. Certains se préparaient de joyeuses Pâques pour les prochaines années ! Ce hold-up mondial organisé par quelques milliardaires ne risquait rien face à ce médecin, le solitaire mais constant défenseur de la vérité et de la liberté. Pour lui, ce ne fut pas l’itinéraire d'un enfant gâté ! Après la radiation de son Ordre, il est devenu l'inconnu dans la maison médicale dans laquelle il œuvrait depuis tant d’années ! Il dut même fuir et se cacher pendant plus de trois mois, après quoi il rédigea ses mémoires : les cent et une nuits de Simon Cinéma. Bien évidemment, les misérables éditeurs refusèrent tous son manuscrit : aucun n’a désiré prendre le risque de froisser notre Suprême Gouvernement !

Malgré cette dictature sanitaire, on avait encore une chance sur deux, et peut-être plus, de conserver notre Président aux prochaines élections… Les acteurs de la prochaine comédie électorale préparaient leur campagne, gagnée d’avance, ciblée contre une pseudo-amazone d’extrême-droite.

Un homme et son chien erraient dans la rue déserte : je ne pouvais plus aller au cinéma. Sans pass-sanitaire, plus question pour moi d’aller revoir Belmondo d’un film à l’autre

Que la France était devenue triste !

Loïc du Pontavice


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