Le Journal Libération et « les petits soldats de la bien-pensance »

En l’espace de trois jours, le journal Libération a réussi à : -célébrer l’IVG comme un progrès humain -célébrer l’abolition de la peine de mort comme un progrès humain - clouer au pilori Eric Zemmour en le frappant d’excommunication
 Le Journal Libération et « les petits soldats de la bien-pensance »

Le célèbre journaliste Pascal Praud l’a bien compris : brandissant la Une de Libération sur Eric Zemmour, il a dit sur Cnews : «  je vais vous montrer ce journal sectaire et intolérant, j’allais dire fasciste, Libération, qui vous enverrait directement à Vladivostok quand vous ne pensez pas comme eux : les petits soldats de la bien-pensance, je les connais bien, ils sont insupportables depuis trente ou quarante ans »

En trois jours, les journalistes de Libération a remporté un challenge intellectuel impossible : faire cohabiter des lignes éditoriales incompatibles entre elles.

Le 28 septembre, paraissait un dossier sur l’IVG, dans lequel on apprenait que quelques centaines de femmes seraient « obligée s» d’avorter à l’étranger chaque année, qu’elles « devraient «sortir du pays», pour se rendre dans une clinique qui offrirait un eldorado : l’IVG hors délai. Ainsi une clinique de la dernière « chance » aux Pays-Bas offriraient aux femmes la possibilité d’avorter tardivement. Quel progrès !

On découvre aussi que cet eldorado pratiquerait des tarifs différents selon le stade de développement du fœtus : plus le fœtus serait formé, plus ce serait cher. 830 euros à 15 semaines, 1065 euros à 22 semaines.

Et personne à Libé pour questionner l’éthique de la « tarification » de la vie, personne pour interroger sur cette politique marchande, faisant du business sur le dos de femmes en détresse. Et personne non plus pour questionner l’éthique d’un avortement à 5 mois de grossesse alors que la médecine prénatale est en mesure de faire naître des bébés à ce stade de développement.

Mais, dans l’esprit de Libé, le droit à l’IVG ne pose aucun problème éthique, il n’y a pas de limite à l’exercice de ce droit, quelles qu’en soient les conséquences médicales ou psychologiques.

Interrompre la vie prénatale, un droit. Abolir la peine de mort, un devoir.  Voici déjà deux lignes incompatibles.

C’est ce que titre Libé en rendant hommage au grand et noble combat de Robert Badinter, porté en son temps par Victor Hugo, mon ancêtre, contre la peine de mort. Certes, sur ce sujet, il faut être porté par une conviction, celle que nul n’a le droit de tuer un autre être humain, quelles qu’aient été ses fautes.

«  Si vous considérez, en conscience, qu’aucun homme n’est totalement coupable, qu’il ne fait pas désespérer de lui pour toujours, que notre justice, comme toute justice humaine, est nécessairement faillible et que tout le progrès de cette justice a été de dépasser la vengeance privée et la loi du talion, alors vous  voterez contre la peine de mort »

Le 30 septembre 1981, l’abolition sera définitivement votée. C’était il y a 40 ans seulement.

Pourtant le combat contre l’IVG et la peine de mort est un continuum idéologique, comme est un continuum la vie humaine elle-même. Et c’est pourquoi il n’est pas possible de lutter pour la défense de la vie humaine innocente et sans lutter en même temps pour le respect des droits du condamné.

Il serait temps que les gens de gauche ouvrent les yeux sur l’incompatibilité morale de leurs idéaux.

 

Sabine Faivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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