Pendant que nous déconstruisons, l’histoire avance

La déconstruction est un poison idéologique qui envahit tout. Nos lecteurs polonais le savent bien : on reconnait une idéologie à ce qu’elle justifie toujours ses errances parce que les sociétés n’auraient pas suffisamment embrassé ses projets.
 Pendant que nous déconstruisons, l’histoire avance

Le nazisme et le marxisme fonctionnèrent longtemps selon cette méthode : à Berlin, il fallait déconstruire les origines d’une personne pour vérifier qu’elle ne fût pas juive. Dans les goulags, les Soviétiques cherchèrent à déconstruire la conscience des prisonniers afin de savoir s’ils n’avaient pas conservé des convictions philosophiques ou religieuses réprouvées par le marxisme. Partout, la même méthodologie dans l’horreur.

Les nouveaux défenseurs de la déconstruction ne sont pas responsables des mêmes crimes, bien qu’ils soient pour beaucoup des petits enfants du marxisme, mais ils procèdent de la même logique dangereuse. Identités sexuelles, culturelles, religieuses, nationales, tout est bon à passer au tamis de leurs interdits. Si beaucoup d’entre nous n’avons fait que rire en lisant leurs premières revendications, force est de constater que leur puissance augmente dans les universités américaines et partout en Europe. Un vaste réseau international les finance et les soutient avec un objectif clairement énoncé : réduire l’homme à une pure individualité sans Nation et sans Nature.

Pendant que l’Occident est occupé par ces idées, le réveil des puissances internationales se termine. L’émergence de la Chine, des pays d’Amérique du Sud, de la Russie ou encore de l’Inde apportent de nouveaux foyers de puissances dans le monde. Cette évolution était inéluctable et génère des conflits partout sur la planète : retrait des troupes américaines en Afghanistan, tensions accrues au Cachemire, retournements des alliances dans le Pacifique, développement d’un populisme sud-américain sans égards pour le politiquement correct.

L’Occident est aujourd’hui incapable de regarder et d’analyser rationnellement ses nouveaux enjeux. On ne pas déboulonner les statues de Napoléon dans les centre villes français et incarner une politique de puissance capable d’affirmer sa puissance en Asie. Emmanuel Macron vient de l’apprendre à ses dépens en Australie.

La politique étrangère a ses règles, ses codes, son histoire. Plusieurs grilles de lectures existent pour forger son opinion sur les affaires du monde. Il y a cependant un élément constant dans les enjeux diplomatiques : sans une Nation forte, sans une identité unifiée dans un pays, sans une fierté historique qui permet de lire les évènements et leurs conséquences, aucune politique de puissances n’est possible. En un mot : les promoteurs de la déconstruction sont des organisateurs de la régression de l’importances des Nations occidentales.

La gauche européenne a donc toutes les raisons du monde de dénoncer la situation des femmes en Libye, à Idlib, ou en Afghanistan. Elle porte cependant une immense responsabilité dans ces évènements : elle a vidé les Nations de leur substance et donc de leurs forces. Elle a substitué des mirages à la longue expérience des siècles.

Au nom de l’humanisme ? Non. Au nom d’une idéologie qui préfère prétendre émanciper des individus plutôt que de défendre des peuples. La faillite des politiques étrangères des Nations européennes ne tient donc pas premièrement à des complots ourdis dans les couloirs des institutions supranationales mais au fait qu’elles ont perdu foi en leurs vocations et fierté en leurs histoires.

Thierry MARIANI, Député français au Parlement européen - Groupe Identité et Démocratie, Ancien Ministre, Membre honoraire du Parlement français

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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