La Tradition Chrétienne, richesse polonaise

André Suarès, écrivain français originaire d’une famille juive italienne disait « Qu'il aille ou pas à l'église, le peuple français a l'Évangile dans le sang. Et les plus graves erreurs de la France, c'est quand elle met du sentiment dans la politique. » Malheureusement, la première partie de cette phrase pleine de sens pour un homme du 20ème siècle, parait aujourd’hui très loin de la réalité. Moi-même, je ne l’aurai pas vraiment comprise avant d’avoir vécu en Pologne.
 La Tradition Chrétienne, richesse polonaise

De nos jours, en France, pour une majorité de personnes, les fêtes de Pâques sont devenues au mieux, un instant éphémère de joie que l’on partage avec ses enfants, en cachant des œufs en chocolat dans son jardin, et au pire, simplement une période où l’on bénéficie de jours fériés.

Pour Noël, il s’agit désormais d’une période de fêtes où l’on se réunit en famille, échange des cadeaux, et mange avec appétit des mets raffinés. Les crèches de Noël se font de plus en plus rares, que ce soit dans la sphère privée ou même parfois publique (avec notamment la complicité des élites progressistes au pouvoir).

Que dire de la Toussaint, où de moins en moins de personnes vont célébrer leurs aïeux dans les cimetières, accompagnées de leur progéniture qui vit cela en corvée.

 

Quelle fut ma surprise lors de ma première période de Pâques passée en Pologne !
Le Śmigus-dyngus (lundi inondé), les œufs de Pâques, le babka (cake à la levure), les Święconka (corbeille remplie de victuailles : des œufs, du lard fumé, du sel, du poivre, du raifort, du pain et des gâteaux) amenées à l’église pour être aspergées d’eau bénite par les curés, les Mazurek (tartes), les repas de familles durant cinq heures, tant de souvenirs pleins de joie.


J’ai pu constater comme beaucoup d’autres avant moi, qu’en Pologne, « Noël » a lieu deux fois par an. Oui, le weekend pascal est aussi important que le jour de la naissance du Christ, et on le célèbre avec autant d’importance.
Alors que j’étais volontaire à l’époque pour travailler ce jour de Pâques, moyennant une paye supplémentaire, tous mes proches polonais se sont démenés avec ardeur pour me faire rejoindre leurs familles pendant cette période de fêtes.

Un an plus tard, j’ai pu aussi constater une solidarité et une diffusion d’amour et d’amitié similaire pour Noël. Un événement de dernière minute a eu pour conséquence mon incapacité à revenir en France pour passer le réveillon en famille, et j’étais donc contraint de passer ce moment seul, en Pologne.
Je fus émerveillé par le nombre d’invitations que j’ai reçues de la part d’amis polonais, et même de personnes que je n’avais jamais rencontrées dans la vie, pour fêter Noël avec eux, dans leur famille.
Les deux traditions les plus remarquables sont la coutume de servir douze plats, et celle de laisser une place de libre à table destinée à un « hôte de hasard », qui est ainsi traité comme un membre de la famille.

Pour la Toussaint, on note aussi une grande ferveur, un grand recueil collectif, plein d’émotions.
Des milliers de personnes défilent avec des bougies, des fleurs et chantent en cœur.

Alors oui, certes, le peuple polonais va en majorité à l’église, mais l’exemple de la Pologne démontre avec perfection ce qu’entendait André Suarès dans sa phrase.
L’Eglise a construit l’Europe, le christianisme a modelé nos sociétés et instauré des traditions millénaires. Depuis des années, nos élites françaises ont intensifié leurs efforts de déconstruction de l’histoire de France, et le catholicisme n’y a pas échappé, et on a oublié nos traditions.
Que nous allions à l’église ou non, il est de notre devoir d’honorer notre passé, de garder nos traditions, et de ne pas oublier d’où nous venons.


Il en va de la survie de notre identité, de notre culture française, de notre postérité.

Arnaud FOURNIER

 

 

 

 


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