Ingrid Riocreux & la dictature sanitaire

Ingrid Riocreux et la dictature sanitaire : « il n’ y a en effet pas de différence de nature entre la propagande en démocratie et la propagande en dictature »
 Ingrid Riocreux & la dictature sanitaire

L’essayiste Ingrid Riocreux, spécialiste de linguistique, était interviewée sur Cnews pour expliquer sa vision de la dictature sanitaire. Elle a livré une démonstration magistrale sur les ressorts de manipulation dans les démocraties, citant la philosophe Simone Weil :

« Dans un régime de liberté, la contrainte est toujours justifiée, compréhensible et cohérente. Or de ce point de vue-là, on peut dire que le traitement de cette crise sanitaire par le pouvoir relève typiquement de l’inverse ».

En effet, « on a eu affaire à des consignes contradictoires, incohérentes, et pourtant nous acceptons plus ou moins d’être complices de ça, c’est-à-dire pour pouvoir continuer à aller au restaurant, ou au cinéma, on va s’accommoder de consignes qu’on juge absurdes »

On finit par s’accommoder de ces contraintes : « et c’est peut-être là que commence la dérive totalitaire » poursuit-elle, puisque nous sommes complices de ce système.

Analysant les arguments des adversaires de la notion de dictature sanitaire, elle explique : « je voudrais dire combien est horripilante la réaction de ceux qui contestent la notion de dictature sanitaire. On entend des choses du genre : « vous parlez de dictature sanitaire, allez voir en Corée du Nord, là vous verrez une vraie dictature », comme si, tant qu’on n’est pas dans la situation de la Corée du Nord, on n’a pas à se plaindre, ou alors, le jour où on passera en dictature, on vous préviendra la veille, on nous dira « attention demain on passe en dictature. »  

Au-delà de l’humour, elle soulève de vraies questions dans une société de plus en plus assommée de mensonges en tous genres, et dont on a vu les illustrations depuis le début de la gestion de la crise sanitaire : du port ou de l’inutilité puis de l’utilité du masque à l’imposition d’un couvre-feu comme en temps de guerre, la proclamation d’un état d’urgence à usage disproportionné servant surtout à bâillonner la démocratie, des règles fluctuantes, arbitraires et brutales de confinement de la population et mise à l’arrêt de l’économie, de l’extension d’un vaccin en cours d’expérimentation, sans recherche de consentement éclairé, à la généralisation d’un pass ne revêtant aucun statut sanitaire, mais imposant une fracturation de la société en deux catégories de citoyens selon leur statut vaccinal, les premiers ayant plus de droits que les seconds. Etc tout cela à grand renfort de communication anxiogène, de pression et de sur-dramatisation.

Dans le registre de la manipulation et de l’usage de la propagande, la « démocratie » de fait pas exception explique Ingrid Riocreux. Selon le professeur Philippe Breton dans son ouvrage sur la « parole manipulée », « il n’ y a en effet pas de différence de nature entre la propagande en démocratie et la propagande en dictature » - c’est tout simplement de la « rhétorique », c’est Aristote, Quintilien, et Cicéron.

La République d’Emmanuel Macron ferait bien de s’inspirer du discours d’Etienne de la Boétie sur la servitude volontaire. « Comment expliquer qu’un peuple entier puisse ployer sous le joug d’un seul homme, qui n’a ni force ni prestige ? pour que les hommes, tant qu’ils sont des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils y soient contraints, ou qu’ils soient trompés »

Oui, contrainte et tromperie génèrent un puissant mouvement de servitude : ce qui explique que les citoyens, mus par la peur de perdre leur liberté, se soient précipités sur la vaccination après le discours d’Emmanuel Macron. Croyant préserver leur liberté, ils ont en réalité instauré un puissant régime de contrainte collective : celui du pass. Faisant cela, ils acceptaient d’être complices d’un système injuste et illusoire de sécurité sanitaire.

 « Il ne faut jamais oublier cela », insiste-t-elle : « le risque du mensonge, le risque de l’exagération est tout le temps-là », il permet de décrypter les manipulations des slogans ou des statistiques que le gouvernement voudrait nous asséner comme des vérités absolues.

Ainsi par exemple, une vérité incontestable serait, d’après elle, le fait de considérer qu’on puisse débattre de tout « sauf des chiffres » : comme si les chiffres représentaient en soi une vérité objective. Or cette affirmation est fausse.

En effet, « on peut débattre des chiffres, il faut en débattre, depuis le protocole qu’on utilise pour les établir, jusqu’à l’interprétation qu’on en fait, le fait qu’un chiffre en lui-même ne veut rien dire ». On ne sait pas quelle proportion il représente, « on doit se poser ces questions si on est un esprit libre ».

Ingrid Riocreux a parfaitement raison de nous alerter : depuis le début de la crise sanitaire, la communication politique et les décisions prises sont toutes parfaitement contestables, et nous devons continuer à les contester, ne serait-ce que parce qu’elles produisent des injustices croissantes et édifient une société manipulée et servile.

Sabine Faivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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