Une députée LREM vante les vertus de la « GPA éthique »

Alors que la GPA est interdite en France, on trouve des élus pour en faire la promotion décomplexée sur La Chaîne Parlementaire (LCP).
 Une députée LREM  vante les vertus de la « GPA éthique »

Ainsi la députée LREM Laurence Vanceunebrock s’est-elle lancée le 10 novembre dans un plaidoyer pour ce qu’elle nomme la «  GPA éthique ».
Quelle serait donc cette pratique éthique de gestation pour autrui, qui ne serait ni de l’esclavage, ni un commerce ?


Laurence a semble-t-il la réponse : «  les couples d’hommes sont capables d’élever des enfants (…) on ne parle pas de marchandisation (…) cette femme va mettre entre parenthèse sa vie personnelle et professionnelle. C’est normal qu’on l’indemnise ».
Ainsi donc, le fait de porter l’enfant conçu de ses propres gamètes et de l’abandonner à la naissance en vertu d’un contrat, ne présenterait pas de problème particulier. Cet abandon doit pouvoir être payé, et cette femme indemnisée pour le service rendu….
Mais attention, il ne s’agit pas de « rémunérer », il s’agit simplement « d’indemniser » : Laurence  Vanceunebrock insiste là-dessus. Pas question de laisser croire qu’il s’agirait d’une marchandisation. Saisissez-vous la nuance ? Laurence a trouvé la solution : face à une réalité dérangeante, il suffit de changer les mots. On ne dit donc pas «rémunérer », on dit «  indemniser ».


Nous pensions naïvement que l’argument « éthique » porterait plutôt sur la gratuité, et que cette GPA serait presque assimilée à un don altruiste, mais non, pour Laurence, ce qui est éthique, c’est de rémunérer, pardon, d’indemniser une femme pour la location de son utérus.
Elle dit plaider donc pour une GPA « encadrée », pour éviter « ce qui se passe en Inde » - curieusement, elle ne dit pas que justement, les indiennes sont payées une misère pour porter l’enfant de riches couples gays venus faire « leur marché » dans leur pays. Que ces femmes pauvres servent simplement d’usines à bébés, comme on exploite la misère humaine, dans des conditions terribles d’exploitation et de déshumanisation.


Laurence Vanceunebrock  explique que dans sa vision, il ne s’agit pas d’une « mère », mais d’une «  femme porteuse » : en effet, toute à sa stratégie de distorsion lexicale, elle explique que les mots sont importants et que cette femme «  n’aura pas un rôle de mère » ; donc  c’est « très important » ne pas utiliser ce mot.


On aurait envie de lui rétorquer, si elle a déjà porté un enfant, que la maternité a toujours été juridiquement reconnue comme liée à l’enfantement, avec le célèbre mater semper certa est, et que ce processus commence à la gestation, mais probablement ne le sait-elle pas.
Le plus hypocrite dans cette histoire est que celle-ci reconnait que cette grossesse va impacter la santé de la « femme porteuse », à cause des «  traitements », mais la dimension psychologique ne semble pas l’effleurer. Grâce à Laurence, est née une nouvelle forme de grossesse : la grossesse mécanique. La femme ne serait donc qu’une machine déconnectée de toute émotion.
Elle doit être surtout attentive «  à la réception de l’enfant qu’elle a pour ce couple » : comme les mots sont bien choisis ! Réception, cette fois, c’est le mot adapté. Effectivement, il y a une commande, et une livraison.


Nous découvrons donc le monde merveilleux de la GPA éthique, zéro commande, zéro marchandisation, zéro émotion. Les zéros sont plutôt destinés au chèque qui lui sera signé en échange du produit livré… zéro défaut.

Sabine FAIVRE

 


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