Le Pen - Zemmour, duel en cours

Le but de cet article n’est nullement de condamner Marine le Pen qui, soyons honnêtes, était notre meilleur espoir avant qu’Éric Zemmour n’entre dans l’arène. Je note néanmoins que le Rassemblement National et sa candidate n’ont pas fait preuve de la même courtoisie envers Zemmour durant les dernières semaines en utilisant des méthodes et des termes qui, pas-très-étonnamment, nous rappellent ce qui se fait à gauche.
 Le Pen - Zemmour, duel en cours

Moi-même responsable en Europe Centrale et Orientale pour le Rassemblement National, j’ai rejoint les équipes d’Éric Zemmour. Je connais donc bien les deux appareils.

Un homme-candidat vs une candidate de parti


Le mardi 23 Novembre, une nouvelle étude d’opinion Odoxa est sortie, montrant que Marine le Pen « écraserait » Éric Zemmour.
Cette étude basée davantage sur la personne que sur un programme, un parti ou un candidat, n’était pas destinée uniquement aux sympathisants de droite et du RN.
Il est donc assez facile d’imaginer que les électeurs de gauche apprécient davantage une le Pen plus modérée et de plus en plus dans le politiquement correct et dans l’idéologie dominante, qu’un Zemmour qui ne soigne pas ses mots et qui parle franc aux français.
Je dirais que ce rejet est aussi dû au fait qu’il fait davantage peur car il est pour la gauche le candidat patriote qui pourrait finalement l’emporter.
De plus, cette tentative de discréditer la personne d’Éric Zemmour est assez surprenante quand on sait que Marine le Pen est avant tout la candidate d’un parti.
Imaginons Zemmour se retirer en mars en pleine campagne, personne ne pourrait enfiler ses chaussures et conserver son socle à 15-18%.
En revanche, si Marine Le Pen avait été remplacée suite à sa débâcle de 2017 par un Philippe Olivier ou un Nicolas Bay, on aurait peu de peine à imaginer que ces derniers feraient des scores identiques voir meilleurs.


De plus, la théorie que Zemmour amènerait des voix au second tour à Le Pen est contestable, et je pense qu’une grande partie de son électorat s’abstiendrait. Les classes aisées ne voteront jamais pour Marine le Pen, qui reste pour beaucoup une femme de gauche, sans parler de la diabolisation de l’héritage le Pen qui lui fait de l’ombre, assez injustement d’ailleurs.


Un parti de gouvernement vs un mouvement d’amateurs ?


On entend parfois que l’équipe proche de Zemmour est « nulle », alors que le RN disposerait d’une armée de choc. Ayant moi-même vu le RN de l’intérieur, je ne peux que m’opposer sur cela.
On peut certes accuser l’équipe de Zemmour et Zemmour lui-même d’être des débutants en politique (c’est une qualité dans un sens), car ils sont nouveaux dans le paysage politique pour la plupart.
De là à leur opposer un parti bien chevronné, on est loin de la réalité. Si l’on enlève les quelques cadres médiatisés du RN, on se rend vite compte que les militants, les ressources, les idées, et l’attractivité manquent.
Le RN n’a d’ailleurs jamais été au pouvoir réellement ne serait-ce que localement, mis à part à Toulon où l’aventure s’est mal terminée, et à Orange où Jacques Bompard a depuis quitté le Front National. L’élection de Louis Aliot à Perpignan sera sans doute l’exception, après un début de mandat plus que louable et apprécié, qui n’est d’après-moi, que le début d’une implantation durable dans son fief du pays catalan. Ce dernier aurait d’ailleurs pu être un bon chef pour le parti après la dernière défaite de 2017.

Le RN qui a bien plus de ressources que l’équipe de Zemmour pour le moment (malgré des dettes colossales), emploie des méthodes pécuniaires propres à tous les partis politiques pour trouver de nouveaux sympathisants, via de l’emailing notamment. Les retours sont très minces si l’on enlève les insultes et les emails déplaisants, alors que du côté de Zemmour des milliers de personnes rejoignent les équipes d’eux-mêmes en s’inscrivant sur jagispourzemmour.fr .
L’organisation politique de Zemmour comprend de nombreux pôles et équipes afin de répondre à tous les besoins et servir le futur candidat. Ces équipes sont composées de personnes de tous bords; ouvriers, professeurs, militaires, ingénieurs, commis d’état, anciens politiques et diplomates, retraités, chefs d’entreprise, et tant d’autres.
Je n’ai jamais vu un tel appareil au Rassemblement National, autant de militants, de profils variés de si grande qualité. De plus, beaucoup de personnes qui n’ont jamais souhaité s’afficher ou s’étiqueter Front National/Rassemblement National, n’ont aucun problème à s’afficher derrière Zemmour ; on assiste à une décomplexion des patriotes de droite. La parole se libère !

On entend de plus en plus de critiques sur l’équipe parisienne de Zemmour qui contrôle tout depuis la capitale sans en référer à des professionnels.
Il serait donc de bon ton de rappeler les paradoxes au sein du RN, de Marine Le Pen qui s’impose comme la cheffe de facto, malgré des dissidences et contestations internes de plus en plus fortes. Les contestataires et concurrents sont poussés vers la sortie ou éjectés.
Les circonscriptions et les postes sont confiés non plus au mérite, à la compétence ou au militantisme, mais à des personnes venant d’autres horizons politiques (comme Kotarac, ancien de LFI ou Odoul, ancien UDI et PS) ou d’autres qui ont des origines appréciées (ex : Aleksandar Nikolic en Centre Val de Loire). Le RN s’était d’ailleurs fait punir pour cette stratégie en Bourgogne Franche-Comté aux élections régionales en mettant Kamel Agag-Boudjahlat en tête de liste sur un département. Cette personne les avait rejoints sciemment afin de les décrédibiliser plus tard.


Qui pour affronter Emmanuel Macron et gagner la présidentielle ?


On entend de plus en plus qu’au deuxième tour, Marine le Pen fera mieux qu’Éric Zemmour face à Emmanuel Macron. Est-ce correct, et a-t-elle progressé depuis 2017 ? Très légèrement.
Marine le Pen conserve un certain plafond de verre qu’elle ne parvient pas à briser. On ne parle pas de ce faux plafond de verre inventé par les médias et la gauche pour faire barrage à « l’extrême droite », mais d’un véritable plafond de verre au niveau de son électorat.
En effet, Marine le Pen ne pourra jamais compter sur un vote des classes aisées et de l’électorat dit Filloniste. Elle pourra au mieux toucher l’ensemble des ouvriers (ce que Zemmour a appelé une ghettoïsation de son électorat), très louable mais pas suffisant. Les sondages lui donnent des scores à peine meilleurs au deuxième tour qu’en 2017, et la campagne n’a pas encore démarré pour tous, alors qu’elle est quasiment en campagne continue depuis sa première tentative de 2012.

Zemmour, lui, conserve un électorat bien plus divers avec un potentiel très haut.
Dès le départ cet électorat était déjà divisé quasi au même niveau entre électeurs du RN, électeurs de François Fillon, et abstentionnistes. Il est désormais donné entre 15 et 19%, mais a gardé la même répartition dans son électorat, et peut donc espérer continuer dans cette voie.

Zemmour n’est pas encore candidat et on attend encore de le voir ainsi que Marine Le Pen affronter d’autres candidats majeurs lors de débats, une fois tous les candidats et les programmes connus. Nul doute qu’Éric Zemmour est un des favoris dans cet exercice.

 

Union des droites


Comme de nombreux français aimant leur pays, je souhaite voir la défaite d’Emmanuel Macron en 2022. Victoire de le Pen ou Zemmour, en soi, les deux options nous feraient sabrer le champagne.
De même, imaginez un second tour Zemmour-Le Pen, on célèbrerait davantage le premier tour que le second !


Ceci étant dit, comme beaucoup de personnes au RN, j’ai pris conscience que Marine le Pen ne gagnera jamais. Cela n’enlève rien à sa gouaille, à son courage et au combat qu’elle a mené, mais je pense sincèrement qu’elle aurait dû déjà passer la main. Elle a pu constater le rejet des français par deux fois, et nous a montré ses limites en 2017 face à Macron.
J’ai fait le choix de rejoindre Éric Zemmour, car il est pour moi le seul à pouvoir faire cette union des droites, et à avoir la capacité à affronter Emmanuel Macron avec panache, compétence, honnêteté et talent. Il est pour moi le seul qui sera assez courageux pour mener les réformes dont le pays a besoin, et prendre les décisions et les actions qu’il faut pour contrer le déclin, malgré la haine des médias et de la bien-pensance.


Alors, oui, quelque que soit le candidat national au soir du premier tour qui sera qualifié, nous devrons faire front commun, et nous allier également aux législatives pour avoir une majorité présidentielle forte en cas de victoire.
Par ailleurs, dans l’intérêt de notre pays, j’appelle tous les sympathisants, cadres, et élus du Rassemblement National à se rassembler derrière Zemmour, notre seul espoir de gagner face à Emmanuel Macron.


Vive la France!

 

Arnaud FOURNIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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