Pourquoi Zemmour a raison de dire que LR ont trahi

Comment les « héritiers » du gaullisme ont trahi la pensée du général.
 Pourquoi Zemmour a raison de dire que LR ont trahi

Avant de lire ce qui suit, il convient de s’informer et lire sur l’histoire de la droite française dite « gaulliste » qui a pris place dans la paysage politique suite à la Seconde Guerre Mondiale.


C’est en observant avec soin les racines de ce que les médias appellent aujourd’hui « la droite républicaine », qu’on peut comprendre avec facilité que Les Républicains n’ont plus grand-chose en commun avec le général de Gaulle et le gaullisme.
RPF, UNR, UDF, le parti gaulliste a beaucoup évolué jusqu’à devenir le RPR (Rassemblement Pour la République), dernier bastion d’une vraie droite qui réunissait avec brio les classes populaires et les classes plus aisées de bourgeois patriotes.
Le parti s’est fait peu à peu aspirer par les centristes de l’UDF, pour plus tard terminer définitivement sa mue en parti de notables centristes. Le RPR devenu UMP (Union pour un Mouvement Populaire), parfois surnommé UMPS pour ses alliances contre nature et sa politique pas si différente des socialistes, va ensuite atteindre le paroxysme de son détournement idéologique en devenant Les Républicains (LR) et s’installer dans une position très loin de la droite, au mieux au centre.

 
Des alliances contre-nature

« Jamais d’alliance avec le Front National », « Pas de dialogue avec l’extrême droite ». Voilà des phrases entendues de nombreuses fois de la part de dirigeants ou d’élus de ce qu’on appelle aujourd’hui LR.
De Chirac à Muselier, en passant par Sarkozy, tous les centristes ont repris cette politique.


Lors des régionales de 2021, on atteint le sommet avec Xavier Bertrand qui préfère « être avec des communistes qu’avec des identitaires ». Ce même Bertrand qui depuis l’arrivée d’Éric Zemmour se redécouvre des idées de droite et prône une dureté sur certains sujets, tout en promettant un salaire net minimum de 1500€ avec une démagogie que même Anne Hidalgo n’aurait pas osée.

 

 

Ces mêmes LR qui ont fait des listes communes avec En Marche pour les dernières élections locales, ont clairement fait leur choix entre Macron et le Rassemblement National.
Rien de surprenant quand on sait qu’Emmanuel Macron et son mouvement sont les successeurs du parti socialiste, que Les Républicains préféraient également au Front National.


Il fut un temps où le feu-RPR avait plus de pragmatisme et de suite dans les idées. Entre 1977 et 1983, pour des élections municipales, plusieurs listes de droite rassemblaient RPR et FN avec des élus frontistes notamment dans les villes de Toulouse, Millau, Donzenac, Forcalquier et Villefranche-Sur-Mer.  

En 1983, une liste commune RPR-UDF-FN gagne l’élection municipale à Dreux, suite à une fusion des listes RPR et FN après le premier tour, pour éviter une triangulaire qui aurait fait triompher la gauche. Jacques Chirac lui-même, défendra cette stratégie, ainsi que Jean-Claude Gaudin, Alain Juppé ou encore Michel Poniatowski. Contrairement à Xavier Bertrand, ils n’hésiteront pas à préférer le FN aux communistes, et refuseront de recevoir des leçons.
Jusqu’à 1988, d’autres alliances de premier ou second tour auront lieu, au bon vouloir des élus locaux. Le FN est alors un faiseur d’élections.
Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen auraient d’ailleurs eu des rencontres secrètes, notamment en 1988 après le premier tour de l’élection présidentielle, comme le rapportait à l’époque Éric Zemmour, malgré le déni de Jacques Chirac.

 

 

Les alliances ou retraits stratégiques vont se raréfier et devenir presque inexistants après 2002. Dans les duels PS-FN, des personnalités comme François Fillon n’hésitent pas à appeler à voter contre le FN, d’autres, comme Jean-François Copé, ne donnent pas de consignes.

 

Une trahison de son héritage gaulliste

Nul doute que le Général de Gaulle serait aujourd’hui classé par la gauche et les médias à l’extrême droite. On peut d’ailleurs déjà voir le traitement qui lui était fait à l’époque où il était au pouvoir. Sans remonter aussi loin, on peut noter de nombreuses similarités entre le discours et le programme du RPR dans les années 90 avec ceux du Rassemblement National ou d’Éric Zemmour à l’heure actuelle. Un passé non assumé donc, qui fait même pâlir les centristes les plus convaincus comme Alain Juppé.

https://www.francetvinfo.fr/politique/alain-juppe/immigration-1990-quand-les-propositions-de-la-droite-ressemblaient-a-celles-du-fn_709923.html

C’est connu, la « droite classique » parle vrai, franc et à droite avant chaque élection pour séduire l’électorat du Front National, et ne fait rien une fois au pouvoir. C’est ce qui a couté sa réélection à Nicolas Sarkozy après un très mauvais quinquennat. Les électeurs FN de l’époque ne se sont pas faits avoir une deuxième fois et ne lui ont pas apporté leur vote au second tour en 2012.

« Sarkozy a promis le karcher, on a eu le Kouchner ».
Ce même Sarkozy qui a voulu refaire cette stratégie pour l’élection de 2017 avec « la double ration de frites » mais une fois de plus, les français n’ont pas goûté à sa mascarade, et il n’a même pas passé le premier tour de la primaire de 2016.
Alors que sont les Républicains ? Le Chirac de Dreux et « du bruit et de l’odeur », ou le Chirac de 2002 qui refuse le débat, et qui s’allie aux socialistes pour des élections intermédiaires ?

https://www.dailymotion.com/video/x4u7n9t

LR[EM] compatibles

Edouard Philippe, Thierry Solère, Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin, Bruno Lemaire, Jean Castex, Christian Estrosi et tant d’autres ont déjà franchi le très léger voile entre Républicains et Macronistes.
Nul doute que Pécresse, Bertrand et d’autres LR se prétendant comme une alternance au président actuel, rejoindront le gouvernement Macron s’il est réélu en 2022.

Éric Ciotti, seul candidat qu’on pourrait qualifier de droite dans ce congrès LR, n’est d’ailleurs gratifié que de 3 à 5% dans les sondages réalisés s’il est candidat LR, alors que le score de Macron augmenterait. Preuve absolue que ce qui reste à LR aujourd’hui est majoritairement centriste et Macron-compatible.
Renaud Muselier, président de la Région Sud, élu sur une liste En Marche-Les Républicains, a d’ailleurs quitté le parti suite à la droitisation des débats (qui s’explique notamment par la présence de Ciotti et Zemmour dans le paysage politique). Il suit donc son mentor politique Estrosi qui avait déjà officiellement rejoint les soutiens de Macron. Nul doute que Muselier sera aussi dans le prochain gouvernement Macron si ce dernier est réélu.
N’oublions pas que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand avait également quitté LR qui était devenu pour eux trop à droite, sous la présidence de Laurent Wauquiez.

Espérons que peu importe l’issue du congrès LR, les personnalités de droite se rassembleront ensemble dans une union des droites, prônée notamment par Zemmour, afin d’avoir une chance de battre Macron et de relever la France.
Cette union, qu’elle soit au premier ou second tour devra aller de Ciotti à Zemmour et Le Pen, en passant pas Wauquiez, Bellamy, Aubert et tant d’autres.

Ensemble, sauvons la France, et sortons du piège de cette fausse droite qui a été détruite par le centre depuis des années.

 

Arnaud FOURNIER, Responsable des Amis d'Éric #Zemmour en Europe centrale et orientale

 


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