LES CONTRADICTIONS DU MARXISME 3/12

La Slovénie et la Pologne : La lutte commune contre les récidives du communisme - La lutte des classes n'est pas le moteur du développement historique : au contraire, elle est un facteur presque inexistant.
 LES CONTRADICTIONS DU MARXISME 3/12

 

LA SLOVÉNIE ET LA POLOGNE : LA LUTTE COMMUNE CONTRE LES RÉCIDIVES DU COMMUNISME

 

Le 23 novembre, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a rendu visite à la Slovénie qui assure la présidence du Conseil de l'UE. Le Premier ministre slovène s'est notamment engagé à soutenir la Pologne dans la défense de la frontière nord de l'UE et de l'OTAN. Sous le gouvernement de Janez Janša, la Slovénie est devenue un allié fidèle du groupe de Visegrad, en particulier de ses membres les plus exposés, la Pologne et la Hongrie.

Le dénominateur commun entre les gouvernements de ces pays est la conscience de l'héritage du communisme. Ses adeptes ont commis les crimes les plus graves, ensuite ils ont tenté de les cacher à l'histoire. Ce faisant, ils ont contaminé l'Europe occidentale, qui est prête à écouter les crimes du nazisme et du fascisme, mais pas ceux du communisme. Quelle erreur, car le nazisme et le fascisme sont des produits de la gauche, du socialisme. Donc ils sont deux facettes d’un même phénomène. Mais on ne peut pas tromper l'histoire et la conscience des gens. Les communistes ont toujours tenté d'effacer et d'enterrer leurs crimes odieux, mais la vérité refuse de mourir

Le rôle de l'"avant-garde" que réclamait l’idéologie communiste a toujours été basé sur l’imposture. Dans notre feuilleton, nous exposons les mensonges du marxisme. Aujourd'hui, c'est le tour de la "lutte des classes", qui était l'un des principaux éléments de la dialectique marxiste. En fait, quelque chose de la sorte n'a jamais existé.

 

LA LUTTE DES CLASSES N’EST PAS LE MOTEUR DU DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE : AU CONTRAIRE, ELLE EST UN FACTEUR PRESQUE INEXISTANT

 

 

Les théories de Marx sont contradictoires, presque sans exception. Comme il n’y a pas de conscience sociale qui influencerait l’être individuel, il n’y a pas, davantage, la lutte de classes qui serait le moteur du développement historique. Dans le Manifeste communiste on lit : « L'histoire de chaque société jusqu'à aujourd'hui est une histoire de luttes de classes. Le libre et l'esclave, le patricien et le plébéien, le baron et le serviteur, le maître juré et l'apprenti, bref, l'oppresseur et l'opprimé, en constante opposition, ont mené une lutte continuelle, tantôt ouverte, tantôt cachée, qui s'est toujours terminée soit par la transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la disparition des deux classes qui se combattaient. Dans les premières périodes de l'histoire, nous trouvons presque partout une structuration complète de la société en différents corps sociaux, en une hiérarchie extrêmement diverse de conditions sociales. Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des plébéiens, des esclaves, au Moyen Âge des seigneurs, des vassaux, des maîtres, des serfs, des sujets, et dans presque chacune de ces classes une hiérarchie nouvelle et distincte.

La société bourgeoise moderne, construite sur les ruines de la société féodale, n'a pas éliminé les antagonismes de classes. Elle a simplement remplacé les anciennes classes, les nouvelles conditions d'oppression et les nouvelles formes de lutte par de nouveaux types d’oppression. » (Marx, Engels, le Manifeste communiste).

Les thèses du Manifeste communiste sont de toute évidence contradictoires et ne résistent pas au jugement de l’esprit logique.  Premièrement, « l'histoire de chaque société jusqu'à nos jours » n'est pas « l'histoire des luttes de classes ». Dans la plupart des sociétés, la « lutte de classes, parfois ouverte, parfois cachée » n'a pas eu lieu. Et encore moins qu'elle ait abouti à la « transformation révolutionnaire de l'ensemble de la société » ou à la « disparition des deux classes ».

Dans le monde antique, les esclaves ne menaient pas de « lutte continue », car les sanctions étaient trop sévères. La « lutte » ou la rébellion des esclaves s'est déroulée au cours de ce que l'on appelle les guerres d'esclaves dont la troisième est la plus connue car elle a été menée par Spartacus. Mais ces guerres, qui sont en fait des révoltes, ne sont pas le reflet d'antagonismes de classes. Au contraire : rien n'indique que les dirigeants de la révolte se soient opposés au système esclavagiste et aient tenté de le changer. Leurs objectifs étaient ailleurs. On pourrait les résumer en disant qu'ils voulaient d'abord piller (surtout les Gaulois qui faisaient partie de l’armée de Spartacus), puis se rendre en Asie Mineure avec le butin et s'y disperser.

En plus : les deux classes (propriétaires d'esclaves et esclaves) n'ont pas disparu lors de la « transformation révolutionnaire ». Seul l'Empire romain a disparu, et l'esclavage est resté en vigueur jusqu'en 2007 : le dernier pays à en faire la pratique légale était la Mauritanie.  Celle-ci n'est pas sans lien avec l'Empire romain : les deux provinces impériales ont porté son nom : Mauretania Tinguitana et Mauretania Caesariensis.

Puis, le succès du christianisme démontre que l'antagonisme entre les gouvernants et les gouvernés n'était pas une force primaire dans l’histoire du monde antique (l'Empire romain). C'est à l'apôtre Paul que le christianisme doit le plus en ce qui concerne son expansion. Il y a dans ses épitres une phrase qui est fondamentale puisqu’elle présente le point de départ du programme politique sans concurrence : "Il n'y a ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre, mais le Christ est tout en tous ». (Colossiens, 3).  Si la théorie marxiste était correcte, le christianisme n'aurait pas pu se développer au point de transfigurer le monde connu de l'époque, en tant que religion, dans un laps de temps concentré. Le christianisme offrait la possibilité de surmonter les antagonismes de la société de classes, d'une manière efficace. Grâce à cela, il est devenu la plus grande religion mondiale. L’apôtre de l’évangélisation a fait table rase de la lutte de classes lorsqu’il préparait son programme. Ce n’était pas difficile puisqu’une telle chose n’a jamais existé. Si la lutte de classes avait notamment existé, le christianisme ne se serait pas propagé à travers l’Empire pour devenir la religion première de l’histoire. Si Marx avait eu raison, Saint Paul et le christianisme aurait simplement disparu.

Quant à la lutte de classes dans la société féodale, on constate de même. L'hypothèse « les oppresseurs et les opprimés, en opposition constante, ont mené une lutte continue, parfois ouverte, parfois secrète, qui s'est toujours terminée par la transformation révolutionnaire de l'ensemble de la société ou par la disparition des deux classes qui s'affrontaient » (Marx, Engels, le Manifeste communiste) est fausse. Pour commencer, on peut constater que le féodalisme ne s'est pas terminé « par une transformation révolutionnaire », au contraire : à l'époque de la Révolution française, qui a enfoncé le clou dans le cercueil du défunt en abolissant formellement certains privilèges féodaux, il n'était plus qu'une coquille vide : à la fin du XIIIe siècle, le féodalisme était pratiquement sans substance. Le féodalisme a cessé d'exister lorsque les villes sont devenues si fortes qu'elles ont pu prendre en charge la défense de leur propre territoire.

Toutefois, à l'époque où le féodalisme était encore présent, les principaux antagonismes ne s'exprimaient pas au niveau des deux classes opposées, mais au sein de la classe dirigeante elle-même. C'est la raison pour laquelle le féodalisme s'est effondré. Lorsque le marxisme affirme l'existence d'un conflit de classes dans le féodalisme, il le fait d'une manière qui révèle le peu de connaissances qu'il a de ce qu'est le féodalisme. Ce qui est d’un certain point de vue logique. Le marxiste britannique Eric Hobsbawm convient que si le point fort de Marx et Engels était leur analyse de la période du capitalisme, leur connaissance des époques précédentes était médiocre. « Aujourd'hui, il est généralement admis que les observations de Marx et d'Engels sur les époques précapitalistes reposent sur une étude beaucoup moins approfondie que la description et l'analyse du capitalisme par Marx ». (Moore, Berkeley Journal of Sociology, 1974-75)

Le féodalisme est notamment apparu lorsque le gouvernement central a perdu tellement de pouvoir qu'il ne pouvait plus accomplir les tâches qui vont de pair avec l'organisation sociale sous telle ou telle forme d'État (la défense, par exemple). Des principautés se sont formées, principalement basées sur des centres urbains. Mais, au départ, elles n'ont pas été en mesure d'assumer le rôle de la communauté au sens large : il y a eu des émeutes, des pillages, des meurtres et des enlèvements. C'est pourquoi des liens se sont tissés entre la classe guerrière et la classe paysanne.

Le chevalier assurait la protection des habitants du pays, qui lui fournissaient à leur tour tout ce dont il avait besoin pour vivre, de la nourriture à l'équipement. L'abri était de nature quadruple. Premièrement, il y avait une puissance militaire directe pour se protéger des attaques. Ensuite, il y avait le château, qui servait d'abri aux personnes, au bétail et aux cultures. Enfin, il y avait la chasse : les chevaliers l'utilisaient pour abattre le gibier qui menaçait les cultures et qui était une menace pour le bétail (ours, loups, renards). Il existait donc une relation symbiotique entre les chevaliers et les agriculteurs : l'un bénéficiait de l'autre, et qui plus est, l'un ne pouvait exister sans l'autre.

Les conflits se situent donc à un autre niveau. Ils surgissent entre les chevaliers qui reçoivent des domaines en échange d'une aide militaire de la part du sommet de la hiérarchie féodale et les détenteurs de cette hiérarchie. Bref : si l’antagonisme des classes avait existé au Moyen-Age, il n’y aurait pas eu de féodalisme.

 

Boštjan Marko TURK, professeur à l’Université de Ljubljana, membre de l’Académie européenne des sciences et des arts.


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