En garde à vue pour avoir retweeté le QR code de Macron

Pierre B. : un père de famille menotté, mis en garde à vue, 2400 euros de frais de procès pour un tweet informant sur la fuite du QR code présidentiel.
 En garde à vue pour avoir retweeté le QR code de Macron

 

Nous retranscrivons ici une interview menée ce lundi matin.

Sabine Faivre - Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Pierre B. - Pierre, 42 ans, consultant en comptabilité, mari et père de 2 enfants (12 et 9 ans). Je manifeste régulièrement depuis quelques années, d'abord par solidarité envers les gilets jaunes puis depuis plusieurs mois aux côtés des anti-pass à Paris chaque samedi. J'habite dans le val de Marne. A noter que j'ai un casier judiciaire vierge.

SF - Vous avez alerté Twitter le 15 octobre sur des faits très graves vous concernant, en lien avec le partage d'un tweet sur le QR code d'Emmanuel Macron : pourriez-vous les raconter ?

PB - Fin Août, j'ai constaté que le hashtag #QRcodeMacron était en top tweet (en tendance) et l'ai donc consulté. Plusieurs tweets contenaient un QR code dont il était dit qu'il s'agissait de celui du président Macron, ce qui m'a évidemment fait rire mais aussi intrigué. J'ai moi-même copié-collé l'une de ces images de QRcode pour faire mon propre tweet sur le sujet. J'y ai ajouté le commentaire suivant : "ce serait drôle si tout le monde utilisait le QR code de Macron".
Mon compte Twitter étant assez suivi (11,3k followers ), essentiellement par des patriotes mais aussi par des antipass, ce tweet a eu son petit succès et mon compte n'a pas été suspendu pour cela. Je ne me doutais à aucun moment qu'il s'agissait du vrai QRcode de Macron, d'autant que plusieurs commentaires sous mon tweet évoquaient un fake, un QRcode qui ne fonctionnait pas. Bref, je n'y ai plus prêté attention par la suite.

Le 14 octobre mon portable sonne et c'est le commissariat de police de ma ville qui me fait part d'une affaire dans laquelle mon nom est cité. Un peu surpris, je réponds que je peux me présenter tout de suite pour répondre aux questions. L'enquêtrice, qui ne veut pas me préciser de quoi il s'agît, m'indique une date le lendemain car il était déjà 16H00. Reçu donc le lendemain par l'officier de police judiciaire, je suis menotté et mis en garde à vue, étant mis en cause pour le délit de recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement. Je suis sous le choc, n'arrivant pas à établir de lien avec quoi que ce soit me concernant. Ce n'est que lors de mon interrogatoire que j'apprends qu'il s'agit de cette histoire de tweet. Il s'agirait du vrai QRcode de Macron et l'enquêtrice me révèle qu'ils sont à la recherche de celui qui l'a fait fuiter. Je lui explique que je n'ai rien à voir là-dedans, que j'ai fait ce tweet dans un esprit potache. Après que mes empreintes aient été prises, je m'attendais à ce qu'on me relâche rapidement mais, à ma grande surprise ainsi qu'à celle de l'enquêtrice, le procureur ne donne pas de consigne en ce sens et on me fait comprendre que je pourrais même passer la nuit au commissariat (n'ayant pas pu avertir ma femme ni mon employeur).

Ce n'est qu'après 6 heures de GAV et l'insistance revendiquée de l'enquêtrice que le procureur décide de me laisser rentrer chez moi après m'avoir fait signer un PV de convocation en vue d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Papier que je regrette d'avoir signé car je ne me sens pas coupable.
Je passerai au TGI de Créteil le 14 février et en ai pour 2400€ d'avocat! Ce dernier n'a d'ailleurs toujours pas obtenu mon dossier.

SF - Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

PB - J'attends patiemment en essayant de ne pas trop y penser. La procédure de reconnaissance préalable de culpabilité permet semble-t-il de négocier la sanction, en tout cas  de l'accepter ou non. Si je refuse, il y aura un autre procès dont je ne sais pas qui sera la partie plaignante.

SF - Quel message voudriez-vous faire passer ?

PB - Je constate que le gouvernement actuel, aidé de nombreux juges, bascule dans une dérive que l'on peut qualifier de totalitaire. Nous avons de moins en moins le droit de critiquer ceux qui nous dirigent, c'est très clair. Même si cela reste un traumatisme pour mon épouse et moi-même, cet épisode ne m'a en rien dissuadé de lutter contre le pass de la honte. On ne me réduira pas au silence, mes enfants ne pourront jamais dire que leur père a collaboré à tout ce cirque du corona. J'incite chacun à prendre conscience de cette manipulation de masse et sortir de la torpeur dans laquelle les élites veulent nous plonger. Je reste très confiant. Nous vaincrons.

Pierre B.
Interview de Sabine FAIVRE

 


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