A lire ou à relire: "Comment meurt une civilisation" (Guy Millière, 2018)

« Les peuples européens trouveront-ils en eux la force et la détermination pour surmonter les épreuves qui s’annoncent ? »
 A lire ou à relire:

 

Guy Millière, né en 1950 à Marseille, est un journaliste, essayiste et géopolitologue dont la spécialité sont les Etats-Unis d’Amérique et l’islam. Il a écrit de nombreux livres sur ces sujets dont « Pourquoi Bush sera réélu » (Éditions Michalon, 2004), « Le Désastre Obama » (Éditions Tatamis, 2012), « Face à l'islam radical » (Éditions David Reinharc, 2012) et « Ce que veut Trump » (Presses de la Délivrance, 2018). Proche des milieux libéraux, il travaille pour plusieurs ‘think tanks’ français et américains.
Il publie en 2018 aux éditions Texquis un petit livre intitulé « Comment meurt une civilisation ». C’est l’occasion pour lui de porter un regard global sur la direction funeste que prend l’Occident gréco-romain et judéo-chrétien.

 

Guy Millière plante le décor très rapidement : Bruxelles, « quartier européen », siège de la Commission européenne. Les immeubles sont « modernes, impersonnels, chancelants, comme la construction européenne elle-même ».
Pas loin du quartier européen, celui de Molenbeek, réputé pour une autre raison :  son degré d’islamisation. En à peine deux pages l’auteur porte un constat accablant : technocratie bruxelloise et immigration massive s’associent pour combattre la civilisation européenne.


Guy Millière analyse ensuite tous les domaines dans lesquels ce combat se déroule. Immigration (« des immigrants sont venus du monde musulman. Pour travailler. Temporairement. Ils étaient censés retourner chez eux. »), puis intégration (ou plutôt « désintégration »), enfin « Djihad » (« Des bombes humaines et des tueurs au service du « djihad » sont passés aux actes. »).
L’immigration massive et ses conséquences délétères sont couvertes par la politique de la Commission de Bruxelles. « Ils (les technocrates européens) savent que la montée de l’islam telle qu’elle s’opère signifie l’annihilation de la civilisation européenne ». Ce « ils » reviendra tout au long du livre, tant les accusations à l’égard des fonctionnaires européens sont nombreuses et graves.
Les gouvernements nationaux sont aussi dans le viseur, eux qui font partie des « subalternes diligents » qui contribuent à « anesthésier les peuples » . La démocratie et les élections ne sont que des « simulacres » destinés à faire croire aux nations européennes qu’elles ont encore le pouvoir.
En réalité le pouvoir n’est plus entre les mains des peuples mais se trouve auprès des institutions européennes, à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg.


Les champs de bataille sont nombreux : liberté de parole, liberté d’entreprendre, politique historique, diplomatie, économie, écologie. Partout se fait sentir l’influence néfaste du totalitarisme bruxellois. Totalitarisme qui a de solides fondements socialistes. Guy Millière cite deux grands penseurs libéraux : Friedrich Hayek et Ludwig von Mises, qui avaient mis en garde le socialisme et son potentiel de destruction. Il invoque ensuite Alexis de Tocqueville, Ernest Renan et Claude Lévi-Strauss, qui avaient de leur côté alerté sur l’islam.

 

L’auteur déplore la disparition progressive des libertés, sous les coups de butoir du marxisme culturel. Le marxisme, qui est en réalité le principal responsable de ce que nous vivons. Il a réussi à atteindre les esprits des dirigeants européens et autres « idiots utiles » : « Léninistes, compagnons de route et agents d’influence ont enclenché une réécriture de l’histoire de chaque pays, chaque peuple, destinée à désigner des coupables […] et des victimes, […] et à justifier quasiment tous les comportements de ceux désignés comme victime, y compris le vol, le pillage, l’incendie, le meurtre parfois. ».
L’alliance entre l’extrême gauche et l’islam, quant à elle, date de cent ans : « Les léninistes, en fait, soutenaient l’islam depuis longtemps, depuis les années 20 et un Congrès des peuples d’Orient tenu à Bakou sous l’égide d’un certain Grigori Zinoviev. Ils voyaient en lui une « force révolutionnaire » à même de contribuer à balayer l’Occident et dans le djihad une « arme révolutionnaire » ».
Guy Millière s’appuie sur « EUSSR », le livre du dissident russe Vladimir Boukovski, pour décrire la métamorphose de l’Union Européenne en institution marxiste.

 

Une phrase lourde de sens, au chapitre « Omnipotence », attire l’attention du lecteur de 2021 et 2022 : « C’est un totalitarisme qui peut se révéler bien plus puissant que les totalitarismes durs : les chaînes peuvent se briser, les barbelés peuvent se couper et se retrouver relégués dans le révolu. L’air qu’on respire, même s’il devient peu à peu irrespirable et empoisonné, reste l’air qu’on respire et il n’est pas d’alternative à la possibilité de respirer ». Les événements liés à la « grippe de Wuhan », appelée depuis « COVID-19 », nous prouvent à quel point Guy Millière avait raison : sous un faux semblant de démocratie, nos gouvernements instaurent en réalité un totalitarisme qui ne dit pas son nom. De fait, les peuples ne sont pas conscients de vivre dans une société totalitaire.

 

Selon le géopolitologue, le dernier espoir de l’Occident se situe en Amérique du Nord. Si les Etats-Unis (qui restent encore une terre de liberté relative) tombent, notre civilisation est condamnée. Cette assertion nécessite un véritable débat, puisque nombre de concepts qui rongent l’Occident aujourd’hui viennent des campus américains, comme le féminisme radical, le progressisme ethniciste (« woke’isme ») ou la politique de repentance généralisée. Même chose pour le Canada, qui a réélu recemment Justin Trudeau.

 

« Comment meurt une civilisation » est un livre fort. Guy Millière use de nombreuses anaphores qui lui donnent une certaine puissance et appuient des propos déjà violents en eux-mêmes. Cette violence est en réalité un cri d’alarme devant une situation tragique, l’appel à un ultime sursaut. Il n’aura d’ailleurs pas fallu attendre longtemps pour voir certaines des prédictions de l’essayiste se réaliser : deux ans après la publication du livre, la civilisation occidentale est plongée dans une crise qui risque clairement de l’abattre. Aux Etats-Unis, certains Etats républicains résistent effectivement tandis que les pays européens se livrent une bataille dantesque pour savoir lequel appliquera les restrictions de libertés les plus sévères à sa population.

 

Un livre dont on recommande sans hésitation la lecture.

 

Nathaniel GARSTECKA

 


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