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Olympiades des Métiers : quand la passion devient un combat

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Ils sont jeunes, ambitieux et surtout déterminés à prouver que l’excellence ne se joue pas uniquement sur les bancs de l’université. Les Olympiades des Métiers du Grand Est s’apprêtent à voir s’affronter près de 300 apprentis, tous prêts à démontrer leur savoir-faire dans des domaines aussi variés que la boucherie, l’aménagement paysager, l’industrie ou encore les métiers d’art. Un concours où chaque geste compte, où la précision et la rigueur font la différence entre un bon ouvrier et un champion. Décryptage !

Bastien, la boucherie chevillée au corps

Dans l’atelier du CFA de Metz, Bastien Wilhelm est concentré. Il n’a pas le droit à l’erreur. Devant lui, une cuisse de bœuf à désosser avec soin. Chaque mouvement doit être précis, efficace. Il sait que lors du concours, la moindre faute pourrait lui coûter le podium. Et dire qu’il ne se destinait pas à cette voie…

« Au départ, j’étais en bac général, mais ça ne me plaisait pas. Je voulais un métier concret, où je pouvais travailler avec mes mains », raconte-t-il. Passionné de chasse, il s’intéresse naturellement à la viande, mais sans vraiment envisager d’en faire son métier. C’est un ami, passé par un CAP boucherie, qui lui suggère d’essayer. « Aujourd’hui, c’est une évidence. C’est un métier que j’ai choisi par passion ».

Son quotidien, ces derniers mois ? Un entraînement intensif. « Le lundi, quand je ne suis ni en cours ni au travail, je suis ici. Je m’exerce au désossage, aux préparations de commandes. Mais surtout, je travaille mon mental ». Et c’est bien là une des clés du succès, selon Gilles Bechard, son formateur : « Les Olympiades, ce n’est pas juste un concours. C’est une opportunité unique de se surpasser, d’apprendre des meilleurs ouvriers de France, de perfectionner sa technique et de se faire repérer par des professionnels ».

D’un coup de pelle à l’excellence : Vianney et Even, bâtisseurs de paysages

A quelques kilomètres de là, changement d’ambiance. Ici, pas de carcasse à découper, mais un sol à modeler, des lignes à tracer, des espaces à structurer. Vianney Lecogne et Even Schwartz, apprentis au lycée agricole de Courcelles-Chaussy, concourent dans la catégorie aménagement et paysage. Leur objectif ? Créer un aménagement paysager harmonieux, esthétique et fonctionnel, sous l’œil vigilant des jurés. Et croyez-le, le moindre centimètre compte.

« Personne ne prend ce concours à la légère », explique Stéphane Fournier, leur formateur. « La précision est essentielle, mais c’est souvent la gestion du stress qui fait la différence dans les dernières heures. Ils doivent être capables de rester lucides et efficaces jusqu’au bout ». Pour Vianney Lecogne, ces Olympiades ne sont pas qu’un simple défi technique. « C’est un investissement total. On apprend des choses nouvelles, on gagne en rapidité et en rigueur ». Son coéquipier Even ajoute : « C’est une chance inouïe pour notre carrière. Si on gagne ici, on devra encore élever notre niveau pour les épreuves nationales ».

Un tremplin vers l’avenir

Les Olympiades, c’est un véritable enjeu professionnel, une vitrine pour l’excellence manuelle et artisanale. Certains décrocheront des stages prestigieux, d’autres se verront proposer des contrats avant même la fin de leur parcours qui sont des formation d’excellence malgré le fait que le métier soit manuel. Hôtellerie, industrie, métiers d’art… quel que soit le domaine, ces jeunes ont une chose en commun : la passion et la volonté d’exceller. Et qui sait ? Parmi ces 300 apprentis, certains feront peut-être partie des futurs champions de leur discipline, prêts à porter haut les couleurs de leur métier lors des épreuves nationales, voire internationales. Mais avant cela, il faudra passer l’épreuve du Grand Est. Et ici, la moindre erreur peut coûter cher